Des questions éthiques dans les données de santé, les citoyens-scientifiques, de nouvelles carrières scientifiques, Brexit, les préjugés sexistes dans la recherche, sont quelques-uns des sujets de l’Euroscience Open Forum 2018 à l’ordre du jour.

John Ioannidis, l’un des principaux conférenciers d’aujourd’hui, a parlé de l’importance de la recherche reproductible. John P.A. Ioannidis, MD, DSc est le C.F. Rehnborg Professeur en prévention des maladies et professeur de médecine, de recherche et de politique de la santé et de statistique. Il est également codirecteur du centre d’innovation en méta-recherche Metrics de Stanford et il est reconnu internationalement comme un chef de file dans les études empiriques évaluant les biais, la réplication et la fiabilité des résultats de recherche en biomédecine et au-delà. Son article intitulé « Pourquoi la plupart des études sont fausses » a été l’article le plus consulté de l’histoire de la Bibliothèque publique des sciences avec plus d’un million de visites.

M. Ioannidis a évoqué un problème persistant dans le monde de la recherche; le fait que beaucoup d’études utilisent des échantillons trop petits pour aboutir à des conclusions généralisables. Cependant, la pression sur les chercheurs, la concurrence entre les revues et le désir des médias d’annoncer des révolutions ou des découvertes majeures, signifient que des études comme celles-ci, insuffisantes, continuent d’être publiées.

Certaines des façons de traiter cette problématique impliquent l’adoption de solutions avec des preuves empiriques, en pensant à l’avance à la recherche tout en gardant en tête l’élément de surprise. Puisque le slogan principal de l’Euroscience Open Forum cette année est le partage des connaissances, M. Ioannidis a souligné l’importance de la collaboration et de l’ouverture de la science au public en encourageant les citoyens à devenir des scientifiques amateurs.

Dans le secteur biomédical, les taux de partage des connaissances et des données ont légèrement augmenté au cours des dernières années, alors qu’ils demeurent très bas dans le secteur de la high tech. “Cependant, pour que le partage soit efficace, il doit y avoir des incitations pour les scientifiques ainsi que des infrastructures centralisées qui peuvent soutenir et faciliter l’échange d’informations. Les scientifiques doivent également être formés par des institutions académiques et scientifiques pour faire face aux préjugés scientifiques…Nous avons besoin de recherches sur la reproductibilité, nous avons besoin de méta-recherches pour faire passer la spéculation en évidence et ensuite en actions concrètes”, a conclu John Ioannidis.